Associations dans la tourmente ou nouvelle donne ?

 

Le Monde Associatif vit des instants difficiles. France Energie Emploi [FEE] en toute légitimité, propose son analyse.

 

Une longue histoire

Les regroupements associatifs émergent, entre deux révolutions 1789 et 1848, dans la dureté d'une industrialisation et d'une urbanisation naissantes. Ils se développent pour gagner un cadre légal en 1901. Ces associations prospèrent dans l'ombre et avec le soutien des politiques publiques jusqu'aux années 80.

 

La France est alors, dans les instances internationales, très active pour réconcilier le développement économique, social et environnemental, pour tout simplement, "humaniser le développement". Dans cette dynamique, l'ONU adopte le Développement Durable qui intègre complètement l'Economie Sociale et Solidaire, partageant le même objectif : garantir une trajectoire humaine durable au développement économique raisonné. Dans le même esprit, l'UE adopte en 2007, le "PIB vert", outil nécessaire pour rendre visible l'invisible, le social, le solidaire et l'environnemental et surtout chiffrer l'empreinte écologique, en marge du PIB classique.

 

Sous cet angle de lecture, il est naturel de voir aujourd'hui le monde associatif, toujours aussi présent, sur les agendas "développement post-2015" d'un monde tourné vers le mieux-être et le mieux-vivre ensemble à l'horizon 2030.

 

Une valeur sûre

Le monde associatif est un témoin privilégié qui interpelle par sa longévité et la constance de sa présence sur le terrain. En 2014, cet acteur reconnu apporte aide & assistance/appui & conseil aux personnes souvent "bousculées" par la mondialisation et les induits de la révolution numérique.

 

L'engagement associatif citoyen, véritable richesse de la société civile, rassemble les forces vives dans un souffle de liberté et d'indépendance. Il reste mobilisé, toujours en 1ère ligne, sollicité comme "passeur" et "facilitateur" pour la traversée des moments difficiles.

 

Par essence altruiste, consensuel et non commercial, le positionnement associatif, ancré au plus près des réalités de terrain et posté au-delà de toute polémique, permet de dépasser les frottements et les clivages, pour servir au mieux les intérêts du plus grand nombre.

 

La France célèbre officiellement l'année 2014 comme "l'année de l'engagement associatif". Cet hommage institutionnel salue et souligne les actions conduites sur le terrain par une multitude invisible et solidaire. FEE se réjouit de la reconnaissance qui accompagne cette décision.

 

Mais alors pourquoi les nouveaux choix prioritaires liés à la révision des politiques publiques, conduisent-ils, par manque de soutien, à l'asphyxie des associations, tant sollicitées et pourtant sacrifiées ?

 

Une dure réalité

Le secteur associatif est un acteur économique pleinement reconnu au titre du Développement Durable. En France, cet acteur privilégié est entièrement intégré à l'Economie Sociale et Solidaire.

 

Il représente 8 à 10% du PIB et occupe 2.5 M de personnes, au sein de structures multiples.

Cependant, derrière ces chiffres, force est de constater qu'à partir des années 80 un 1er brouillage clivant des frontières de l'Economie Sociale et Solidaire "institutionnalisée" s'installe, avec une incompréhension sur le sens et le périmètre du Développement Durable et un détournement de ce contresens, au profit d'autres intérêts et égoïsmes collectifs particuliers.

 

Cette dérive ne fait que s'accentuer depuis les années 2000 et le "flou des contours de l'ESS", portant sur les champs d'intervention et les pourtours des dotations budgétaires, perdure avec des composants éclectiques difficilement maîtrisables.

Pourtant en 2014, l'ESS s'inscrit clairement, dans un travail de proximité sur des circuits courts, dans le cadre d'une loi-cadre, selon un modèle entrepreneurial et suivant trois critères :

       Une finalité d'intérêt général

       Une "lucrativité" limitée

       Une gouvernance démocratique

 

Sur ce mode entrepreneurial, le monde associatif, doit pouvoir répondre, en les respectant, aux besoins exprimés par les publics concernés. Force libre de proposition et d'innovation, tournée vers l'autre, le secteur associatif reste une des véritables richesses de la société civile en ce début du XXIème siècle.

 

Le poids de cet acteur économique reste, à ce jour, prépondérant. Sa contribution au développement économique, évaluée à partir des nouveaux indicateurs communément appelés "PIB vert" est majeure, pour bâtir un mieux-être individuel et collectif et inscrire favorablement nos sociétés dans la durée.

 

La réussite de ce mieux-vivre ensemble passe par l'appropriation individuelle de ce mode de pensée et d'action, associant développement économique et développement social et environnemental.

 

Une vraie nécessité

A la croisée des chemins, entre un concept "Développement Durable" et son application sur le terrain, le secteur associatif doit pouvoir se mobiliser autour d'une "économie humaniste, démocratique et solidaire au service de l'homme" [Art.7 de la charte de l'économie sociale 1980]

 

Dans ce contexte, comment une association d'intérêt général peut-elle rester autonome et être à l'initiative pour répondre en toute transparence et professionnalisme, aux appels d'offres des marchés publics de plus en plus exigeants, quand la subvention institutionnelle pour l'accompagner disparaît et que le financement se privatise ?

 

Fort de ses vingt ans d'expériences, d'un savoir-faire éprouvé dans une juste anticipation des évènements et d'une gestion prévisionnelle rigoureuse, France Energie Emploi [FEE], Association d'intérêt général, acteur référent et témoin privilégié dans le domaine de l'Insertion Professionnelle, a su, jusqu'à présent, s'affranchir de ces écueils. Oui, certes, mais à quel prix !

 

Le monde associatif, une valeur sûre à la hausse ou déjà en péril ?

 

Ils nous ont fait confiance